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Articles du mois

15 Sep 2020

Septembre 2020

En quoi consiste mon métier ? Je suis secouriste en milieu hostile. Ce qui veut dire que je suis un combattant, en plus spécialisé montagne, et que ma spécialité principale est le secours à personne en milieu militaire. Je travaille seul ou en binôme au profit de détachements allant jusqu'à 35 hommes, assurant leur prevention aux risques sur le terrain, traitant les petites affections sanitaires journalières (bobologie, soutien psy) et répondant aux situations d'urgence au sein même de l'action militaire, ou légèrement en retrait, que ce soit en milieu operationnel (mission Barkhane) ou en entrainement, comme ici : 
Vous decouvrirez avec cette séance l'intérêt de ma pratique de l'hypnose au profit des combattants que j'ai soutenu aux troupes de montagne.

Séance du jour : prise en charge Hypnoanalgesie d'urgence dans un contexte hostile.

Nous sommes en Décembre dans les Pyrennées orientales. Une section de combat spécialisé s'entraine en vue d'être projetée dans les massif montagneux de l'un des derniers mandats Hiver d'Afghanistan. Durant 2 semaines, des exercices d'infiltration en milieu montagneux, en ambiance très tactique, s'enchaînent jour et nuit. Nous sommes là avec l'infirmière en soutien médical de cet exercice, suivant les equipesms sur le terrain et prêts à leur porter assistance au moindre coup dur. Et des coups durs il y en a : sutures sur des plaies dûes à des chutes en falaise, entorses multiples, hypothermies... les cas s'enchaînent et la fatigue se fait ressentir. Nous sommes dimanche et le virage de la deuxième semaine vient de se terminer, ouvrant droit à la grande ligne droite qui nous laisse percevoir le retour à la maison. Cette nuit, des équipes d'infiltrations doivent monter au sommet d'un pic en ouvrant une voie, sans à aucun moment se faire repérer. Le temps n'est clairement pas avec eux. et depuis des heures déjà, les trinômes se deplacent sur des axes opposés de façon à prendre position sur leurs points d'observation désignés. 
3h30. Un appel retentit. Il neige à gros flocon ici, à mi hauteur. Un appel d'urgence pour un des personnels vient d'être donné. En marchant sur une plaque glacée d'un ruisseau gelé, il est passé, lui et ses affaires, au travers. Il fait déjà très froid en bas. et leur position les donne près d'un refuge juste en contrebas du pic qu'ils doivent atteindre, l'un des plus haut des Pyrénées orientales. La nuit, le blizzard et le froid reduisent nos options... Pas d'Hélicos. Il faudra y aller à pied.
6h le depart est donné. Il nous faudra 8h de marche et de pistage pour les retrouver. Il ont élu domicile plus haut que le refuge. Le jeune engagé était dans l'incapacité de marcher. en Hypothermie et avec des selles sanguinolantes, l'urgence était de le rechauffer. 
Nous montons les rejoindre au niveau du col. la pente de 40 degré, sans raquette, semble infranchissable, mais le manteau neigeux n'est pas trop important, une 40aine de cm tout au plus. L'homme semble fatigué et blème. L'infirmière est restée en bas, au refuge, à 1 heure de montée d'ici. Seule soignant, je prends ses constantes. Sa température est bonne et ses fréquences aussi. la douleur d'une blessure à la cheville, de son ventre, allié à l'angoisse et la fatigue semblent jouer un rôle important dans sa motivation à ne pas se déplacer. Un légionnaire me presse, empoigne la clef de portage de 50kg du blessé et me dit de le porter pour redescendre. 
douloureux et agité, l'homme refuse : je profite alors de cette peur qu'il exprime pour m'engouffrer dans une tentative d'hypnosedation :

-Tu es fatigué n'est-ce pas?
-J'en peux plus Doc'. Je peux pas descendre. (On est rebaptisé doc' à l'armée dès que vous êtes identifié secouriste) Appelle l'helico. 
(le vent nous balançait déjà à chaque bourrasque et le pic fumait sa poudreuse glacée sur nos visages déjà bien froids).
-regarde. le temps le permet ?
-Non.
-Tu veux risquer la vie de l'équipage pour toi?
-non.
-Et je suis la maintenant. et tout va aller mieux. Tu me fais confiance n'est-ce pas? (Je connaissais cet homme, nous avions fait notre incorporation ensemble et je savais que j'avais sa confiance)
-Oui bien sûr.
-Super. Et tu veux sortir de là n'est-ce pas?
-Oui putain. 
-Et tu es fatigué. de plus en plus fatigué. et c'est normal de vouloir se reposer pour récupérer.
-...
-c'est comme cette main que tu fixes maintenant et qui se relache au fur et à mesure qu'elle s'approche de tes yeux fatigués, et...(ses yeux clignent et se ferment) pchiiiiiii... completement endormi. (Il se relache complètement) 

Ni une ni deux le sergent de la légion m'engueule :
-Qu'est ce que tu fous Kurva tu vois pas qu'il va pas bien? Allez descends le sur toi.

Je me grouille (forcément mort de trouille que quelqu'un relève ce que j'etais en train de faire pour la seconde fois au sein des armées et pour la toute première fois en milieu perilleux) le charge sur mes épaules (il etait pas épais... mais ca pèse un bonhomme) et entamant la redescente avec 68kg de plus je continue à balancer mes suggestions.

-Et c'est agréable de pouvoir se dire que même au milieu de tout ça, là, endormi, je peux me concentrer à récupérer.

Il ne bronche pas. Ne bouge pas. Un vrai sac de sable. ce qui une fois sur moi est vachement plus pratique à porter. Enfin pas très longtemps....
A mi descente, épuisé par les 8h de recherche et l'heure de montée en plus, le froid, la faim, le vent et la visibilité à chier, je me vautre lamentablement dans la neige. Lui roule, quelques mètres plus bas, comme vous vous rouleriez dans des draps de soie. Le temps que je me relève, le voilà qui slrt la tête comme une marmotte de son trou, couvert de neige :
-putain je suis où ?
-On est descendu un peu. Comment tu te sens?
-Ca va. Mais j'ai mal à cheville.
-Attends j'arrive. (Je descends. le rejoins) Tu te rappelles de ce qu'on a fait?
-euh.. je sais pas. Tu me parlais et puis je me suis senti bien. et je me retrouve là. j'ai l'impression d'aller super bien. 
-tu peux marcher?
-Non je peux pas appuyer le pied.
-ok accroche toi à moi.

Incapable de le porter, je le tiens bras dessus bras dessous pour l'aider à descendre. Il se tient droit, et semble bien plus tonique que tout à l'heure.

Nous arrivons au refuge. L'infirmière avait déployé avec le reste du détachement l'UT2000 pour mettre au repos notre blessé. Nous prenons une pause repas, sortant nos lyophilisés. A la fin de la pause, Kevin (le blessé) a repris des couleurs, mais souffre de sa cheville. Après mures reflexions, les chemins accidentés que nous allons prendre, la projection importante et le manque de neige en bas ne nous permettrons pas d'utiliser l'Ut. Ce sera donc à pied, à bras d'homme.
Kevin s'appuie sur moi boitillant. Nous avançons doucement et je me fais fusiller du regard par le chef de détachement. Echangeant clef de portage et Kevin avec le reste du petit détachement (Nous etions 5, moins 1 si on compte l'infirmière...) Et la fatigue se faisant sortir, je profite de mon tour de rôle à la "béquille" pour tenter autre chose :

-Ta cheville ça va?
-non ca me lance.
-ca te lance comment?
-comme du courant électrique. je prends une decharge dès que je la bouge.
-Du courant electrique?
-oui.
-et ce serait cool de pouvoir gérer l'intensité de ce courant?
-grave!
-Tu pourrais mettre quoi pour le diminuer?
-Une resistance.
-Une résistance ?
-Oui comme en cours d'elec. Pour gérer l'ampérage.
-ok. et quelle résistance serait bien pour pouvoir calmer ce courant?
-du 10 ohms. 
-et tu l'as mise?
-Oui.
-et alors?
-ca fait moins mal.
-tu peux poser le pied?
-(il sursaute) Non putain j'ai trop mal.
-et la douleur ca peut être important. tu sais c'est comme les alarmes de voiture, elle sonnent toujours beaucoup trop fort et reveillent le quartier n'est-ce pas?
-Ouais c'est vrai....
-Et c'est pour éviter qu'on perde des affaires, qu'on nous les casse encore plus.
-euh ouais...
-Et on pourrait baisser l'alarme pour faire en sorte qu'elle protège toujours la bagnolle en faisant fuir les voleurs, mais sans qu'elle reveille tout le monde n'est-ce pas?
-Mais carrément! et je peux faire pareil avec la douleur! genre je peux en garder juste assez pour s me peter un truc et baisser le reste avec ma resistance!!!
-Euh... Voilà ! tu as tout compris! (je reste completement con... Pige vite le gamin..)
-attends j'essaie... (il pose le pied à terre) là ca va. Mais pas plus. je peux un peu boiter. Putain ca marche!!! t'es un putain de sorcier! Attends je m'appuie quand même. Mais putain ca va mieux!

Et oui. ca va mieux. Nous terminons la "rando sauvetage" en quelques heures. Et Kevin semble transformé. Arrivé à l'ambulance militaire que nous avions laissé en lisière de forêt,, près du lac,, je le charge sur le brancard, il ne tarde pas à s'endormir. Nous le garderons en observation durant 2 jours au sein de l'infirmerie. Fatigué, déshydraté, ses saignements étaient dûs à des hémorroïdes qui avaient saignés sous le coup du stress lors de son passage sous la glace. Son entorse aura été guérie en 3 semaines. Nous nous sommes revu plusieurs fois par la suite, sans jamais reparler de ces techniques. Mais par la suite, Ce cas en particulier, en plus de la luxation d'épaule traitée en salle de dechoc sur le même déplacement m'a fait comprendre l'intérêt du developpement de l'hypnoanalgesie appropriée au milieu tactique.

1. permettre le déplacement, l'évacuation ou l'extraction d'une victime avec des moyens limités ou un danger potentiel pour le secouriste ou la victime.
2. Assurer l'apprentissage de la gestion de la douleur sur ses differentes affections psychiques par le sujet pour le sujet, et améliorer son confort sans prendre de risque pour lui.

Au plaisir de vous lire!
25 Jul 2020

JUILLET 2020 : Brève de séance sur un militaire.

Parce que les États de stress post-traumatique ne sont pas toujours là où on les attend. Parce que ce qui est traumatique pour les uns ne l'est pas forcément pour les autres, et qu'aujourd'hui encore l'amalgame du "gore" et du "violent" ou de la "dureté de la guerre" sont trop souvent associés à cette blessure psychique, entrainant des prises en charge sans fin et sans amelioration, je vous delivre aujourd'hui une séance que je prends souvent en exemple dans mes formations au sein de l'armée comme dans le milieu civil :
Séance du jour :

Prise en charge d'un syndrome de stress post traumatique en phase aigüe (stade 1 à 2) chez un personnel militaire en service.

Julius est militaire depuis 12 ans au sein d'un régiment d'artillerie. Il vient au centre de formation pour suivre son cursus auxiliaire sanitaire en vue d'une reconversion.
Lors d'un cours sur la gestion des blessés en centre médical des armées, il entre tout à coup dans un état de stress intense. Ses yeux s'écarquillent et cherchent une sortie. Sans oser bouger, il me demande par le regard et dans un silence pesant et sous tension s'il peut quitter la salle. J'acquiesce. Je laisse quelques minutes passer et le rejoins dehors, voyant qu'il ne revient pas de lui même. 
Il est là. Dans un coin du couloir, recroquevillé dans le faible espace créé entre la porte battante ouverte et le mur. Il tente de calmer ses nerfs et d'empêcher les larmes de couler. Je le regarde fixement et lui parle sur un ton appuyé : 
"Tout va bien à partir de maintenant, je suis là et..."
Je saisis alors sa main droite avec ma main gauche.
"cette main va nous aider à retrouver un peu de calme"
Tendant sont bras sous le flot de mes paroles, je lâche dès mon dernier mot ce dernier qui reste droit, en suspension dans l'air. Ses yeux restent plongés dans les miens, sa respiration encore hâletante, et sa peau transpirante. 
J'ajoute alors :
"et cette main, c'est comme ces rencontres qui sans qu'on le comprenne nous font du bien. Alors qu'elle se tourne vers toi" (La main se tourne) "Ses instants précis où, face à face, tout nous calme, tout nous apaise. Et plus cette main se rapproche plus on se rend compte de toutes ces choses que l'ont a en soi et qui nous permettent de retrouver le... Calme. La sérénité. Et je me demande alors à quel point tu seras à nouveau serein lorsque la main touchera ton visage".
Sa main continue de se rapprocher peu à peu, ses yeux toujours fixés dans les miens, et maintenant secs, semblent se détendre. Sa respiration moins ample marque une expiration de plus en plus longue. Je laisse faire. En quelques minutes, la main touche alors le visage. Aussitôt, les tensions disparaissent. Julius à l'air concentré. Ses yeux fermés maintenant marquent des mouvements rapides sous ses paupières. J'ajoute alors : 
"très bien. Et dès lors que le calme sera parfaitement revenu, tu vas pouvoir tranquillement revenir ici et maintenant, en sachant comment garder et retrouver ce calme si cela se repasse un jour.

De nouveau silence. Deux longues minutes se passent. Un sourire apparait, leger, et n'exprime pourtant aucune joie. Puis Julius ouvre les yeux :
"Wouah... J'ai rien compris"

Je vérifie rapidement son état de conscience et d'analyse. Je lui propose de le revoir en séance pour comprendre davantage ce qui vient de se passer. Il me dit avoir connu un épisode traumatique en Irak et que depuis, ce genre d'état est recurrent. Il n'ose plus sortir de peur de faire peur aux gens. Chaque soir il revit dans ses cauchemars ces scènes de bombardement dont il était responsable. 
Je remarque que ses émotions ne sont pas en accord lorsqu'il me dit cela. Pourtant il me conte cela avec beaucoup de veracité.
Il me dit alors qu'il est pris en charge par l'armée pour un État de Stress Post-traumatique et doit passer en comission de réforme.

Quelques jours plus tard je l'accueille en séance plus normalisée : 

Au sein de mon bureau je lui demande de me rappeler ce qui lui est arrivé en Irak. Il me répond alors, me conte à nouveau son histoire, et à nouveau, les émotions ne semblent pas être concordant entre ce qu'il ressent de prime abord et ce qu'il communique ensuite.

Je l'emmène alors en transe, en direction d'une symbolisation contextuelle en rapport avec la problématique. Il parle de ces éléments au passé, sans difficulté. Il ne délivre aucune réaction de peur face à ces évènements et semble plutôt rassuré de savoir d'où viennent ses crises. Il est en thérapie depuis des mois et rien n'avance. Il a peur de la réforme. Et rien ne semble avancer. Cette induction par immersion multisensorielle dans un espace qui symbolise pour lui cet épisode me paraît la méthode la plus sûre car son comportement lorsqu'il raconte son histoire n'est pas cohérent avec le diagnostic, alors que la crise d'il y a deux jours, ainsi que ce qu'il ressent le sont eux. J'ai besoin d'en savoir plus :
"où es tu?
-Dans le sable.
(banco il est en Irak!!!!)
-et quand vois tu?
-La mer, juste là.
(???)
-fait-il chaud ou froid?
-Il fait... Frais.
(bon ben Irak on oublie...)
-Et autour de toi un détail va t'interpeler. Un élément de réponse à cette problématique dont on a parlé. Et lorsque ce détail apparaît, tu hocheras la tête. (il hoche la tête) Bien. Et ce détail? C'est quoi?
-une silhouette.
-et cette silhouette s'approche maintenant. Jusqu'à ce que tu en perçoives des détails.
-(une réaction de peur illumine son visage) c'est le diable.
-Bien! Et maintenant le visage de ce diable s'affine et te délivre les éléments qui sont nécessaires à mieux comprendre ce que tu endures.
(de nouveau réaction de peur, puis de colère. Son visage communique alors une tristesse profonde et des larmes coulent. Son comportement et sa tonicité sont très similaires à la crise de la veille)
-C'est...... Ma femme!
(Mais whaaaaat??? Qu'est ce qu'elle fait là???)
-Ta femme. Très bien. Et sais tu pourquoi ta femme est ici?
-Oui.
-Et tu comprends mieux maintenant cette situation que tu vis?
-Oui.
-Et qu'aimerais tu lui dire alors?
-... ( Il donne un coup de bouc, semble dire quelque chose sans qu'un mot sorte. Son visage se ferme. En colère et décidé.)
-Lui as tu dit?
-Oui. (Son corps se détend)
-Et comment te sens tu?
-Bien. Beaucoup mieux.
-Et comparé à avant? 
-Avant j'étais mort. Maintenant je revis. Le diable s'en va."

Je fais revenir doucement. Et au fur et à mesure de mes suggestions de retour, son corps se redresse, exprimant une assurance et un calme à l'opposé de son comportement en arrivant. Il ouvre les yeux. Il me fixe. Serein. Et il me dit : 
"-Je vais vous dire quelque chose que je n'ai jamais dit à personne caporal chef. Je ne voulais même pas l'accepter. Mais là, maintenant je peux. C'est pas l'Irak qui m'a tué. C'est ma femme. Elle a tué une part de moi en tuant ma famille. Elle m'a annoncé 2 jours avant mon départ en Irak que je n'étais pas le père de ma fille de 4ans. Ma fille!!!! Ma famille!!! Ma vie!!! C'était que des mensonge. j'ai rien vu, et j'ai rien pu faire contre ça. En trois mots, elle m'a assassiné."
Je reste bouche bée devant toutes ces révélations. Le temps de reprendre le dessus, j'annonce : 
"Et l'irak?
-C'était pas ça. L'irak c'était une excuse. je le sais maintenant.
-Et comment te sens tu?
-Triste, mais heureux aussi. C'est bizarre. Mais je sais ce que j'ai à faire maintenant."

Je demande alors à Julius de me tenir au courant de son avancée. 5 semaines plus tard il m'envoie un mail. Il m'annonce avoir divorcé et fait les démarches pour garder un droit sur sa fille. Il a changé d'appartement, et repris un service sans inaptitude au sein de son régiment.
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28 Apr 2020
Article le progrès Lyon
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27 Mar 2020
Une séance au profit d'un soignant
Une séance au profit d'un soignant

Des séances en ligne pour les soignants

Chaque jour, depuis le début du confinement, Hypnotica et de nombreux thérapeutes de France se sont mobilisés GRATUITEMENT au profit des soignants, mais aussi de toutes les personnes directement impliquées dans la lutte contre la propagation du virus COVID19.

Une initiative commune, et un élan du coeur qui fait écho avec les valeurs de cette association, dont l'essence même est de s'engager pour l'humain.

Adrien, Geneviève, Clara, Céline, Tiffany, Laurence, David, Virginie, Martine, Dora, Stéphane, Anna, Jérémy B., Karyn.

Voilà les noms de ces volontaires indépendants, qui se sont joints à cette association, pour se mettre au service de gens qui en ont besoin.

Et quelques fois en remettant en question leur pratique même. Car il leur a fallu faire preuve d'une grande adaptabilité, d'une réactivité sans faille, et d'une solidarité inédite pour se former, s'informer et se spécialiser en très peu de temps sur les particularités de l'accompagnement en ligne (dont j'ai pu profiter aussi , néophyte sceptique en la matière)

Cet élan altruiste, fraternel, fait partie de ces belles surprises qui émergent de cet état de crise.

Et il en apparaîtra, bien au delà de l'élan d'urgence, de belles amitiés et de beaux projets communs.


Merci à eux, merci d'avoir cette humanité authentique.

Merci d'être simplement ce que vous êtes.


Jérémy Nouen.


administrateur
bonjour Virginie,
contactez nous via l'onglet contact du site ou par téléphone, au numéro situé en bas de page. Nous vous ajouterons à l'effectif des personnels mobilisés.
Virginie
Bonjour, je suis psychologue du travail à saint Étienne, j’aimerai pouvoir aider mais je ne sais comment faire, est il possible de vous rejoindre?
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7 Nov 2019

Le syndrome de stress post traumatique, Fléau du 21eme siècle.

             "Vous pensez que c'est derrière. Que c'était rien. Ou que c'était le Job après tout. Vous n'avez pas voulu en parler au doc.... Ni même au psy lors du sas de décompression. Parce qu'après tout, ils ne peuvent pas comprendre. Seuls les vrais savent. Ceux qui étaient là. Ceux qui ont vécu les même choses. Puis on y pense. Des fois. Il y a des jours avec et des jours sans. On est rentré, ca fait 9 semaines. Heureusement il y a le rire des enfants, et la patience de madame. Madame qui supporte les insomnies et les réveils aux heures fixes.. celles de la garde quand on était là bas. C'est que ce genre de rythme vous colle à la peau comme une sangsue... Tout comme le matelas qui n'arrange pas les choses... Après 4 mois, des fois 6, à dormir par terre, ou sur une toile ou dans un hamac... Des fois assis dans un véhicule même. Le matelas, on le trouve presque surfait. On en aurait presque mal au dos. Mais globalement ça va... Enfin.. ça allait... Jusqu'à ce jour où j'ai rien compris... Ce jour où j'ai réalisé que tout avait basculé... Pas ce jour précis... Mais avant... Là bas... Sans que j'ai vu un instant que ça s'était immiscé en moi. On est le 14 juillet. C'est la fête. Les enfants rêvent du feu d'artifice et du bal populaire. Ok! Allons s'aérer. Il est 22h30. La nuit tombe. Tout le monde a le sourire. Je me penche à l'oreille de mon fils pour lui dire que ca va bientôt commencer. Je serre ma femme dans mes bras... Un silence... Puis ce sifflement... Et la détonation. Je n'ai jamais vu les couleurs de ce premier obus. A terre... Levant à peine les yeux pour trouver un abris sûr. Rampant presque. Je sais bien pourtant que je suis là, dans le gazon de la place de la mairie. Et que c'est un moment de fête. Mais ma tête dit le contraire à mon corps.
PROTEGE TOI!!! TROUVE TOI UNE PLANQUE BORDEL!!!TU VAS FINIR EN CHARPIE COMME LES AUTRES. TU VOIS PAS QUE ÇA TIRE DE PARTOUT!

merde.
 
A la fois ici... Et là bas. A la fois aujourd'hui et hier. Qu'est ce qu'il m'arrive? Le feu se termine. Ma femme me regarde apeurée. Mon visage a complètement changé. La nuit je me réveille, la main autour du cou de ma femme... L'enserrant, prêt à tuer... 

Merde ...

Mais c'est pas moi ça !
Et la vigilance qui augmente... À l'affût du moindre tout. De toutes ces choses les plus futiles et quotidiennes qui pour moi réveillent ces choses immondes et brutales qui tuaient et qui glaçaient notre sang... Le danger.... Le danger est encore présent. Il est partout. 
Qu'est ce que je suis? Est-ce que je suis encore moi? Et si je ne suis plus moi? Qu'est-ce que je suis alors?
Mort ...
Je suis mort.... De l'intérieur. Je ne ressens plus rien finalement. Et je suis un danger pour ceux que j'aime... Et il y a ce que j'ai fait là bas. Je mérite. Je mérite ça. Plus rien n'a de saveur. Plus rien n'a d'importance. Puisque le temps lui même se mélange et que ce qui est passé est aussi présent, comment puis-je croire en un futur?
Qui je suis bordel?

Autant en finir."

Le stress post traumatique est une maladie. C'est une maladie de présentification. Ca veut dire quoi? Ca veut dire que des éléments d'une situation que vous avez vécu vous ont marqué au fer rouge. Ces éléments, comme des sons, des sensations de touché, des odeurs, des goûts, sont enregistrés en vous comme un danger auquel vous ne pouvez échapper.. un danger qui vous coûte la vie, et dont le fait d'en sortir ne dépend plus de vous, soumis uniquement à la fatalité de leur évolution. Ces éléments sont bruts, contrairement à un traumatisme, ils n'appartiennent plus à aucun contexte, spatial ou temporel. Ils sont ancrés.... Comme la fréquence du son d'une grenade qui a pu causer la mort de vos potes... Que vous allez retrouver dans une porte qui claque... Ou un artifice.
Cette porte, vous savez que c'est une porte... Mais le son qu'elle dégage, votre esprit pense que c'est une grenade... Là... Maintenant... Et qu'il vaudrait mieux se coucher à terre fissa....Imaginez l'horreur quotidienne de vivre à chaque claquement de porte qui correspond à cette fréquence sonore le même effroi, les mêmes réflexes... Puis finalement les mêmes images qui sont censées apartenir au passé ?
Je parle ici d'un syndrome de stress post traumatique au combat... Mais il en va de même pour un viol, une agression, un passage à tabac..... Quelque fois même des évènements qui peuvent paraître anodins mais qui marqueront votre mémoire à jamais. 
Le travail en hypnose sur  un syndrome de stress post traumatique ne peut être détaché d'une prise en charge par un psychologue et un psychiatre. Nous travaillons en équipe. L'hypnose servant à travailler sur les émotions et les marqueurs traumatiques, dans le but de les recontextualiser dans l'événement auquel ils appartiennent. Le psychologue travaille lui sur la conscientisation que ce contexte est bien passé, daté, terminé. Le psychiatre gérera quant à lui tout le diagnostique psychique et apportera le support médicamenteux s'il est nécessaire. Mais dans les cas les plus grave, une chose est tout autant nécessaire. Réapprendre à savoir qui nous sommes. Ainsi, Hypnotica se démarque. En plus du travail sous hypnose, nous assurons à nos sujets un suivi, avec des activités mensuelles ou bimensuelles spécifiquement orientées autour des sens du sujet. Des Sports ou loisirs comme la boxe, la danse, le yoga permettent de travailler le sens de l'orientation spatio temporelle, la coordination des gestes, les réflexes, mais aussi le souffle, le dépassement de soi, et la conscience de notre présence ici, dans l'instant présent. L'art, comme le théâtre ou l'écriture et la photo sont aussi proposés comme exutoires et moyens de communication. Une façon de poser des mots sur les maux, sans avoir besoin d'en prononcer un seul.

Vous voulez en savoir plus ?

Rejoignez nous. Appelez nous. L'équipe d'hypnotica vous accompagne.

Vous êtes psychologue, psychiatre ou moniteur de l'une des activités citées et vous voulez rejoindre notre structure?

Appelez nous. Ecrivez nous. 

A très bientôt.

Jérémy Nouen. Militaire, praticien et formateur en hypnose, fondateur de l'association.

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28 Jan 2019

Février : Sous hypnose, qui commande?



"Vos paupières sont lourdes, lorsque je vous dirai de dormir, dormez."  Flippant?

L'hypnose et ses phrases populaires nous font apprecier cet univers comme quelque chose de directif et autoritaire. le sujet se sent souvent apeuré d'être démuni de tout pouvoir et de tout choix.

Pour autant, l'hypnose ne se pratique pas uniquement à coup d'ordres et de suggestions. l'hypnose, c'est aussi de la patience, de l'attention, de l'écoute.

c'est la nécessité d'une confiance essentielle entre le sujet et son opérateur.

Mais alors, qui est aux manettes ?


L'importance de l'anamnèse : mieux vous connaitre est essentiel.

Lors d'une séance d'hypnose, votre opérateur pourra vous accueillir de mille et une façons. Certes. mais il ira toujours privilégier la qualité de la relation qui se crée entre vous et lui.

Imaginez-vous lâcher du lest avec un type qui vous prend de haut, vous impressionne, vous terrorise?

non, bien sûr que non.

l'objectif du praticien, c'est que vous vous sentiez à l'aise. et plus que cela, que vous vous sentiez en phase, entendu ,compris.

C'est uniquement à cet instant que votre esprit analytique va commencer à laisser place à votre esprit émotionnel. Et par le même temps à tout votre potentiel imaginaire!

c'est à cet instant que le travail commence.


Pretalk et test de suggestibilité. Une approche rassurante, et ludique. Une introduction à ce qui va se passer ensuite.

Comprendre comment vous fonctionnez, savoir la véritable raison de votre visite, ce que vous ressentez face à cela, ce que vous en pensez aussi.

Non, nous sommes pas là pour faire de la psychanalyse. Mais oui, nous sommes là pour vous aider à vous comprendre d'avantage, sans que nous ayons besoin de tout comprendre d'ailleurs.

L'opérateur  stimulera vos sens : notion du toucher, de la vue, votre audition, votre goût.... il trouvera ce qui permet le plus à votre esprit de vous projeter là où vous aurez besoin de vous projeter.

Pour cela, il aura tout un panel de techniques plus ou moins brusques et directives, ou au contraire fines, et presque imperceptibles. de l'hypnose flash à l'hypnose conversationnelle, il existe tout un panel d'éléments mis à disposition du thérapeute, de façon à ce qu'il s'adapte parfaitement à ce que vous attendez. A ce à quoi vous êtes sensible, réceptif.

Il vous permettra  ensuite d'aller chercher à l'intérieur de vous ce potentiel  qui est resté jusque là silencieux, et que vous pouvez réactiver, vous, et seulement vous.


Et sous hypnose, qui commande?

Quelles sont les règles du therapeute?

Quel est son unique rôle, son plus grand devoir?

S'assurer que tout ce que vous allez mettre en lumière reste accessible à votre rythme, et que vous fassiez la totalité de la découverte par vous même.

Lorsque l'opérateur utilise des suggestions pour vous emmener dans le processus hypnotique, sa volonté est que vous ressentiez un état émotionnel à travers une réaction idéo-sensorielle (vous ressentez ce que l'on vous suggère , par exemple le goût du chocolat qur votre langue)ou idéo-motrice (votre corps réagit à ce qui a été suggéré, par exemple votre main qui s'approche de votre visage) :

si je vous dis " et maintenant, vous pouvez voir cet endroit dans lequel vous vous sentez bien, calme.... Serein."

Peu importe l'endroit, il vous appartient. Et cet endroit dans lequel vous vous sentez bien ne sera peut etre pas le même pour moi. Ce qui compte pour moi, c'est que vous vous y sentiez bien.

Si j'avais plutôt suggéré "Et maintenant, vous êtes sur une plage, et vous vous sentez bien... calme... serein."

Je veux que vous imaginez une plage. mais je n'ai aucune idée de ce que signifie la plage pour vous. et peut être ressentez vous tout autre chose que du bien être sur cette plage. Il y aura donc conflit entre ce que symbolise la plage pour vous, et ce que je souhaiterais vous faire expérimenter.


Être directif, oui, mais aux bons moments.

Ainsi, pour une hypnose rapide, efficace et qui vous appartient réellement, l'operateur devra s'adapter à vous. aucune séance ne se ressemblera. il pourra tantôt faire preuve de fermeté, tantôt sembler effacé. La seule et unique importance, c'est que vous puissiez trouver les clefs oubliées

des serrures qui restaient cachées.

c'est que vous puissiez dénouer les noeuds qui vous arrime, et continuer à naviguer dans cette grande aventure qu'est votre vie.

Dans ce rapport humain et cet échange, une seule personne commande dès lors : Vous.

J.Nouen.

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27 Jan 2019

JANVIER : HYPNOSE DE SPECTACLE

OU HYPNOSE DE DEMONSTRATION?



L'hypnose connait un essor considérable aujourd'hui. Les spectacles de Mesmer ont fait surgir nombre de passionnés dans les rues, pratiquant des inductions hypnotiques gratuitement aux passants.

L'hypnose se popularise, entre dans notre monde comme un divertissement et un moment de spectacle.

Mais qu'en est-il vraiment? Dans quelle mesure L'hypnose peut etre utilisée comme un divertissement, dans la mesure où son intérêt thérapeutique connait aussi une expansion majeure?


L'hypnose, un divertissement, mais pas que.


La popularisation de l'hypnose de spectacle apporte aussi avec lui sa notion de craintes chez les spectateurs : " je ne veux pas qu'on prenne le contrôle sur moi. Je ne veux pas me retrouver à faire le singe au milieu de tout le monde."

En effet, la peur de perdre le contrôle est extrêmement présente lors des premières séances en cabinet. Et bien souvent, les exemples de spectacles vus à la télévision, dans la rue ou dans les cafés vient étayer cette confidence. Dans quelle mesure l'hypnotiste est-il responsable de cela ? Comme tout artiste, la popularité et la sensation sont les gagnes pain d'une Machinerie bien rodée. Et quoi de plus sensationnel lors d'un spectacle que de se laisser aller à faire ce que l'on redoutait le plus ?  Ainsi, le processus hypnotique mis en place lors du spectacle ne profite guère au spectateur cobaye... Mais bien à l'hypnotiste, déversant sa toute puissance et sa crédibilité autour de la réussite de ses suggestions.

Les gens, eux, y ont gagné un bon moment, des souvenirs qui permettront à ses amis de le ridiculiser lors des repas de familles, et un septicisme renforcé quant à l'hypnose thérapeutique.

Pour autant, tous les jeux de suggestions mis en place dans le spectacle sont très interessants, dans la mesure où ils sont utilisés dans l'intérêt du sujet, et non de l'opérateur.


L'hypnose de démonstration, du spectacle, mais avec une éthique altruiste.


Nombre de street hypno et de thérapeutes confirmeront ceci :

Les mains collées, la catalepsie du bras, de la jambe, l'amnésie ciblée, et tous les tests de suggestibilité ont un intérêt thérapeutique, dans la mesure où l'ont s'en sert de "convincer".  Le but, alors, de ses manœuvres reprises dans le spectacle n'est pas de persuader le sujet que vous prenez le pouvoir, mais bien tout le contraire : ouvrir la perception du sujet sur le champ des possibles insoupçonnés de son esprit, selon ses propres choix, ses propres notions ses propres dictats. Nous autres, hypnotistes, ne sommes que des opérateurs.


Notre rôle est de nous assurer que nos suggestions stimulent l'esprit du sujet, sans l'influencer à aucun moment.

Les différences entre l'éthique de spectacle et de thérapie se trouvent ici : l'hypnose thérapeutique est utilisée aux bénéfices du sujet, sans, à aucun moment, privilégier la popularité où l'égo de l'opérateur.


Ainsi, pouvons nous parler d'hypnose de démonstration, dans la mesure où l'hypnose de spectacle est utilisée au profit du sujet, et non au profit de la gloire ou du porte monnaie.

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